Topic cluster et GEO
Topic cluster et GEO : comment structurer son contenu pour Google ET les IA génératives
L’intelligence artificielle va-t-elle nous rendre cons ?
De l'encrier à ChatGPT : ma fille n'écrit plus, elle parle
Disparition de l'écriture

L’intelligence artificielle va-t-elle nous rendre cons ?

À force de déléguer notre mémoire, notre écriture et notre réflexion, sommes-nous en train de perdre certaines compétences ?
L’intelligence artificielle va-t-elle nous rendre cons ?

On lui demande de rédiger nos mails.
On lui demande de résumer nos réunions.
On lui demande de chercher des informations à notre place.
On lui dicte des instructions plutôt que de les écrire.
Et maintenant, on commence à lui déléguer nos achats.

À quel moment exactement a-t-on arrêté de réfléchir ?

On ne cherche plus. On demande.

Il y a encore cinq ans, trouver une information demandait un effort.

On tapait des mots-clés dans Google, on parcourait plusieurs pages, on comparait des sources, on faisait le tri.
C’était fastidieux, parfois frustrant, mais quelque chose se passait dans ce processus : on réfléchissait.

Aujourd’hui, on pose la question à une IA.
Elle répond en dix secondes avec une synthèse propre, bien structurée, présentée comme une vérité.

Le cerveau n’a plus rien à faire. Il reçoit.

Ce n’est pas forcément mauvais en soi, le problème, c’est qu’on perd progressivement le réflexe de vérifier, de croiser, de douter.

L’IA dit, on accepte. Et quand l’IA se trompe, ce qui arrive, on ne le voit plus.

On n’écrit plus. On dicte.

Ma fille parle à ChatGPT, elle dicte ses notes, elle envoie des vocaux plutôt que des messages écrits… Pour elle, taper sur un clavier commence déjà à ressembler à une contrainte inutile.

Et ce n’est pas un cas isolé, c’est une tendance de fond.
Les interfaces vocales se perfectionnent, les IA comprennent le langage parlé mieux que jamais et une génération entière est en train de contourner l’écriture, non pas parce qu’elle ne sait pas écrire, mais parce qu’elle n’en voit plus la nécessité.

J’ai d’ailleurs écrit un article entier sur cette question, qui va bien au-delà du simple usage de l’IA : est-ce que l’écriture elle-même est en train de disparaître ?

On n’automatise plus des tâches. On délègue des décisions.

Répondre à un mail avec une formule suggérée par l’IA.
Laisser un outil générer automatiquement le compte-rendu d’une réunion.
Planifier sa semaine avec un assistant IA qui priorise à votre place. Tout ça existait déjà, on y était presque habitués…

Mais en 2026, ça va beaucoup plus loin.

Amazon permet désormais à son assistant Rufus d’effectuer des achats automatiques quand le prix d’un produit atteint un seuil défini.

Google a déployé un mode shopping qui peut acheter à votre place quand le prix cible est atteint.

Shopify vient de lancer une infrastructure entière pour que vos produits soient découverts, recommandés et achetés directement dans ChatGPT ou Gemini, sans que vous visitiez jamais le site du vendeur.

Le terme que les analystes utilisent pour désigner ça est éloquent : le « zero-click commerce ».
L’achat sans clic, sans navigation, sans décision consciente.

Vous formulez une intention, l’IA exécute.

Et alors, on devient cons ?

Pas exactement (ou pas encore).
Mais quelque chose se transforme, et il serait naïf de prétendre que c’est neutre.

Ce qu’on perd : la recherche d’information, l’esprit critique, la capacité à structurer une pensée de A à Z, et maintenant, la décision d’achat.
Autant de muscles cognitifs qu’on sollicite de moins en moins.

Ce qu’on gagne : du temps, de la fluidité, une productivité réelle sur les tâches à faible valeur ajoutée.

Le vrai risque n’est pas de devenir stupides, c’est de devenir passifs.
De confondre vitesse et réflexion.
De produire du contenu « propre mais creux » parce qu’on a sauté l’étape où on pense vraiment à ce qu’on veut dire.

La vraie question

Ce n’est pas « est-ce que l’IA va nous rendre cons ? »

C’est : est-ce qu’on va choisir de continuer à réfléchir, ou est-ce qu’on va progressivement déléguer aussi ça ?

Parce que l’IA peut analyser, synthétiser, recommander, automatiser mais elle ne peut pas vouloir à votre place.
Elle ne peut pas décider ce qui compte vraiment pour vous.
Elle ne peut pas avoir une opinion qui vient d’une expérience vécue.

L’intelligence artificielle ne nous rend pas cons, elle nous révèle juste à quel point on peut être paresseux quand on nous en donne l’occasion.

Et franchement, on l’a toujours été un peu…

L’IA n’a rien inventé, elle a juste rendu la paresse beaucoup plus efficace !