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Intelligence artificielle : ces moyens de communication qui ont disparu bien avant elle

Je ne vous cache pas que, comme beaucoup de gens, l’intelligence artificielle m’angoisse sur certains points. Qu’est-ce qu’elle va remplacer ? Va-t-elle nous remplacer ? Qu’est-ce qui va disparaître ? Quels métiers vont s’éteindre ?
Intelligence artificielle

Pour me rassurer, j’ai tendance à regarder dans le passé, à chercher si d’autres époques ont vécu les mêmes peurs.

Et ce que j’ai trouvé m’a plutôt rassurée.

Parce que cette peur, elle est vieille comme le monde et à chaque fois, l’histoire a donné la même réponse.

Des moyens de communication autrefois essentiels, aujourd’hui oubliés

Avant même de parler d’intelligence artificielle, rappelons-nous que des technologies parfaitement adaptées à leur époque ont déjà disparu, souvent sans qu’on s’en rende vraiment compte.

Le télégramme, par exemple.
Pendant des décennies, c’était le moyen le plus rapide pour transmettre une information urgente.
Court, facturé au mot, il imposait même un style d’écriture très spécifique.

Aujourd’hui ? Totalement disparu.

Le Minitel, cas typiquement français.
Avant Internet, il permettait déjà de consulter des annuaires, envoyer des messages ou faire du commerce en ligne.
Une sorte d’ancêtre du web, balayé en quelques années par l’arrivée d’Internet.
Non pas parce qu’il était mauvais, mais parce qu’Internet faisait la même chose en mieux, plus vite, et à l’échelle mondiale.

Le fax.
Pendant longtemps, c’était la norme dans les entreprises pour envoyer des documents officiels.
Il survit à peine aujourd’hui dans quelques secteurs très administratifs, et encore…

Le bipeur, ou pager (TATOO – TAMTAM dédicace aux millenials !). Ultra populaire dans les années 90, remplacé en quelques années par le téléphone mobile.

 

Une technologie entière, des millions d’utilisateurs, évaporés en une décennie.

Ce qu’on observe dans tous ces cas est simple : chaque innovation ne remplace pas seulement un outil, elle change aussi les usages.

Et personne ne l’a vraiment vu venir.

Et si on remonte encore plus loin ?

Ces exemples récents ne sont que la partie visible d’un schéma qui se répète depuis des siècles.

En 1452, Gutenberg invente les caractères mobiles et révolutionne la reproduction des textes.
Avant lui, les livres étaient copiés à la main par des moines dans les abbayes, un travail qui prenait des mois, parfois des années.
L’imprimerie a tué ce métier de scribe définitivement, mais elle a rendu le savoir accessible à tous, créé la presse, accéléré la Renaissance, et permis à des millions de personnes d’apprendre à lire.

En 1838, Samuel Morse invente le télégraphe électrique.
Pour la première fois, on peut envoyer un message à des centaines de kilomètres en quelques minutes.
Les porteurs de dépêches, les messagers à cheval, les relais postaux disparaissent, mais le volume de courrier explose !
Les gens écrivent plus, pas moins. 

En 1876, Alexander Graham Bell invente le téléphone.
Sa proposition est d’abord refusée par ses supérieurs, qui n’en voient pas l’intérêt.
Il crée pourtant un nouveau métier qui emploiera des milliers de femmes pendant des décennies : la standardiste téléphonique, disparue à son tour avec l’automatisation des centraux dans les années 1970.

Dans les années 1950, la télévision allait tuer le cinéma.
Ce qui s’est passé : la télévision est devenue l’une des principales sources de financement du cinéma.

Le schéma est toujours le même.
Innovation, peur, résistance, adaptation, transformation.

Ce que ces disparitions nous apprennent vraiment

Ces transitions ne se font jamais du jour au lendemain, et elles ne détruisent jamais tout sur leur passage.

Le fax n’a pas disparu parce qu’il était mauvais.
Le Minitel n’a pas échoué.
Ils étaient parfaitement adaptés à leur époque.
Ils ont simplement été remplacés par des solutions plus rapides, plus simples, mieux intégrées dans le quotidien.

Ce qui disparaît à chaque révolution technologique, ce sont les métiers les plus mécaniques, les plus répétitifs, les plus facilement remplaçables.

Les scribes, les standardistes, les opérateurs de télégrammes.
Ce qui subsiste, et même se développe, c’est tout ce qui demande du jugement, de la créativité, de la relation humaine.

Et surtout, chaque révolution crée des métiers qui n’existaient pas avant elle.

Le métier de développeur web n’existait pas avant internet, le community manager non plus.
Le prompt engineer n’existait pas il y a cinq ans.

Et maintenant, l’IA

Là où on écrivait un email long et structuré, certains préfèrent désormais demander à une IA de générer une réponse instantanée.

Là où on cherchait une information sur Google, on passe directement par ChatGPT.

Là où on produisait du contenu en plusieurs jours, l’IA permet d’accélérer certaines étapes en quelques minutes.

Mais comme avec le télégramme, le Minitel ou le fax, ça ne veut pas dire que tout disparaît, ça veut dire que les usages se déplacent.

Ce qui ne disparaît pas, c’est la compréhension des besoins, la structuration des idées, la cohérence éditoriale, la qualité du jugement humain derrière l’outil.

L’outil change. Le fond du métier reste.

Chaque époque pense vivre une révolution unique et définitive.
Mais l’histoire de la communication est une succession de transformations, chacune plus rapide que la précédente.

L’intelligence artificielle n’est pas la première à faire peur et elle ne sera pas la dernière.

Comme l’imprimerie, le télégraphe, le téléphone, le Minitel et internet avant elle, elle ne détruit pas la communication, elle la transforme.

La vraie question n’est donc pas « qu’est-ce qui va disparaître ? » mais « qu’est-ce qui va être créer » et ça, ça me rassure vraiment.